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Le chemin de la réussite de Leanne Wight à AJO

Aide juridique Ontario (AJO) est déterminée à créer un environnement qui minimise les obstacles pour les femmes qui travaillent dans le domaine du droit. Selon Leanne Wight, qui a entrepris des études à la faculté de droit à l’âge de 40 ans et qui est actuellement avocate de service, AJO est un endroit propice à l’évolution de carrière.

de Leanne Wight, avocate de service principale, droit de la famille, Kingston

Vous pourriez dire que j’ai été mise au défi de m’orienter vers le système de justice.

J’ai effectué une première carrière en tant que médecin dans les Forces canadiennes, puis j’ai été mère au foyer avant de commencer mes études postsecondaires et d’obtenir un diplôme de maîtrise en administration publique.

Ma belle-sœur me disait que je ferais une bonne avocate, une profession que je n’avais jamais vraiment envisagée. À la suite d’un grand défi qu’elle m’avait lancé, j’ai passé le LSAT, j’ai déposé une demande d’inscription à la faculté de droit de l’Université Queen et j’ai été acceptée en l’espace de quelques mois.

En tant qu’étudiante d’âge mûr (j’ai commencé mon J.D. à 40 ans!), j’ai rencontré quelques difficultés à la faculté de droit. Étant donné que j’étais du même âge que la plupart de mes professeurs, je les considérais davantage comme mes contemporains que mes supérieurs.

J’avais organisé ma vie scolaire autour des horaires de mes enfants, et parfois l’un d’entre eux, voire même les deux, m’accompagnaient en cours. J’ai scolarisé l’un de mes fils à la maison pendant mes propres cours alors que je suivais le cours d’admission au barreau. Mon fils et moi avons déménagé de Kingston à Ottawa en avril, où il a continué de jouer au soccer au niveau provincial pendant que je terminais mon cours d’admission au barreau. Mon mari faisait le déplacement de Kingston à Ottawa ou à Toronto pour les matches de soccer de notre fils. C’était un peu fou, mais l’aventure valait vraiment la peine que nous la vivions.

Soif de justice sociale

J’ai toujours eu un penchant pour la justice sociale. En 2004, j’ai reçu le Prix de l’engagement communautaire qui est décerné aux étudiants diplômés en droit qui démontrent un intérêt ou qui font preuve d’engagement envers le service public. J’ai toujours défendu les opprimés.

Après seulement un court passage dans un petit cabinet privé (j’y avais effectué mon stage en 2005), je me suis inscrite sur la liste des avocats de service au tribunal de la famille de Kingston pour effectuer du travail rémunéré à la journée pour AJO.

Je trouve que la beauté de ce service public en particulier est de pouvoir consacrer exclusivement son temps au client sans la pression d’avoir à atteindre des objectifs en matière de facturation. Les gens qui ont vraiment besoin d’aide peuvent l’obtenir.

En 2007, mon prédécesseur a quitté AJO pour prendre un poste au sein du Barreau. Il m’a dit qu’il pensait que je conviendrais parfaitement pour prendre sa relève, j’ai donc postulé pour le poste au tribunal et j’ai eu la chance d’être sélectionnée. Je ne l’ai jamais regretté.

Les récompenses et les défis de mon travail sont identiques : je ne sais jamais ce qui va arriver!

Étant ici la seule avocate à temps plein, je passe pas mal de temps au tribunal et j’aime relever le défi qui consiste à régler les affaires intéressantes et souvent complexes des personnes vulnérables. C’est aussi incroyablement gratifiant de parvenir à régler une affaire pour laquelle le client se présente avec très peu de renseignements et un délai très court!

En plus du travail au tribunal, je compte des responsabilités administratives parmi mes fonctions, notamment la gestion de la liste des avocats rémunérés à la journée au tribunal et au centre de services de droit de la famille.

Un endroit propice à l’évolution de carrière

Pour couronner le tout, j’ai bénéficié d’un extraordinaire soutien quand j’ai souhaité relever de nouveaux défis innovants. J’ai toujours eu envie de mettre mes compétences au service des autres et de trouver des façons d’utiliser ces dernières pour apporter mon aide, et mes chefs de service tout comme mes directeurs m’ont infailliblement encouragé à le faire.

Par exemple, je suis allée voir mon ancien chef avec l’idée de lancer un projet pilote de services d’aide juridique à la Queen’s Law Clinics, il a tout de suite adhéré à l’idée et m’a demandé de rédiger une proposition, en disant : « On verra où cela va nous mener. »

Ce projet pilote existe désormais depuis trois ans, et fournit des avocats inscrits sur les listes d’avocats au centre de service de droit de la famille, lequel s’est joint à la Queen’s family law clinic en 2014.

Communication orale, mentorat, enseignement et détachements : le soutien d’AJO

J’ai aussi été soutenue dans mon désir d’étendre ma sphère professionnelle à travers la communication orale, le mentorat, l’enseignement et des détachements.

J’ai reçu le feu vert pour accepter de prononcer des allocutions, d’encadrer de jeunes avocats et pour me rendre à des dîners-conférences, l’un sur les questions d’éthiques en droit de la famille et l’autre sur le mentorat. C’était formidable.

J’ai pris un congé de quatre mois pour travailler sur une base contractuelle à titre d’avocate au service de la Société d’aide à l’enfance. Je voulais voir les litiges en matière de protection de l’enfance d’une autre perspective, et mon chef de service tout comme ma directrice ont reconnu que l’expérience serait bénéfique non seulement pour moi, mais aussi pour AJO. Les connaissances que j’ai acquises se sont avérées précieuses au cours de la formation en protection de l’enfance que j’ai donnée pour AJO.

En outre, j’ai accepté un poste d’enseignement offert par l’Institut de technologie des Premières nations, par l’entremise de l’Université Ryerson.

En tant que femme d’origine Mi’kmaq, j’accorde de l’importance au fait de redonner à la communauté autochtone.

J’ai enseigné des cours de droit dans un format d’apprentissage unique pour les étudiants autochtones de premier cycle inscrits dans le programme de gouvernance et de politique publique. Je me suis rendue dans les réserves des Six Nations, de l’île Manitoulin et d’Orillia. J’ai d’ailleurs bien évidemment mis à profit tout ce que j’appris de mes étudiants à mon retour à AJO.

Je suis également ravie, car je viens d’accepter un poste de professeure auxiliaire à la faculté de droit de l’université Queen pour enseigner un cours sur les négociations à des étudiants en droit; ce qui s’est fait encore une fois avec le soutien sans faille d’AJO.

Aucune concurrence

L’une des choses qui me plaisent le plus dans le fait de travailler à AJO est que les gens avec lesquels je travaille ne rentrent aucunement en concurrence. Nous appelons cela la « politique de la porte ouverte ». Personne n’est le « détenteur » d’un territoire ou des connaissances. Vous pouvez téléphoner à un collègue n’importe où dans la province (et je l’ai fait!), avec la certitude que vous pouvez obtenir de l’aide.

Cela fonctionne évidemment dans les deux sens. Je reçois des appels presque tous les jours du type : « j’ai tel problème, peux-tu m’aider? ». J’apporte mon aide avec plaisir et si je n’ai pas la réponse, j’oriente la personne vers quelqu’un qui est en mesure de le faire.

On ne rencontre pas le même genre de soutien, cette attitude ouverte et accueillante, sur tous les lieux de travail. Mais cela constitue la norme parmi mes collègues.

Je suis vraiment reconnaissante de leur soutien et de leur solidarité parce que cela fait de moi une meilleure avocate. Et surtout, l’esprit de camaraderie du personnel qui règne au sein d’AJO contribue à améliorer la situation des clients marginalisés et vulnérables que nous servons.