Photo : Faculté des sciences et génie de l’Université Laval

En souvenir des femmes mortes à cause de la violence

Par Michelle Squires (traduit de l’anglais par Dean Venpin)

Il y a 25 ans, le 6 déc. 1989, 14 femmes ont été assassinées par un homme armé sous prétexte de « combattre le féminisme ». Chaque année, pour souligner la Journée nationale de commémoration et d’action contre la violence faite aux femmes, le personnel du Women’s College Hospital et les partenaires communautaires déposent 14 roses dans un vase en mémoire de chacune des femmes assassinées. Une quinzième rose est déposée pour honorer la mémoire des femmes et des enfants qui ont perdu leurs vies à cause de la violence familiale au cours de l’année écoulée.

En qualité de responsable de la Stratégie en matière de violence familiale d’Aide juridique Ontario (AJO), j’ai eu la chance et le privilège de travailler avec les membres des collectifs de lutte contre la violence envers les femmes et de bénéficier de leur expertise.

Si l’avenir est à l’image des récents évènements, il y a encore beaucoup de choses à faire pour remédier à la question de la violence familiale.

Lors de la commémoration du Women’s College Hospital, la première ministre Kathleen Wynne a posé la question suivante : « Qu’est-ce qui fait que cette culture que nous avons façonnée ne garantit pas la sécurité des personnes? »

D’ailleurs, elle s’est penchée sur le besoin « d’étudier les solutions de remplacement au système de justice pénale qui permettront à davantage de personnes de soumettre des plaintes — parce que nous savons que nous pouvons faire mieux. »

Dre Janice Du Mont, psychologue se spécialisant en psychologie appliquée et scientifique au sein du programme de recherche en matière de santé et violence au Women’s College Research Institute — et l’oratrice principale à la commémoration — a repris les propos de la première ministre.

« Il est important de dresser un bilan de la situation, car cela nous permet d’agir d’une manière stratégique, a-t-elle fait ressortir. Si nous voulons que les femmes et les enfants puissent vivre à l’abri de la violence, nous devons prendre des mesures urgentes. »

Dre Du Mont, chercheuse qui aspire à un monde meilleur pour les femmes et les filles, a précisé que la communauté internationale doit reconnaître que la violence envers les femmes est une question de droits de la personne et de santé publique.

Dans son discours, elle a souligné que : « les États ont une obligation d’empêcher les actes de violence envers les femmes, de les étudier et de les punir. »

S’appuyant sur l’Enquête sur la violence envers les femmes publiée en 1993 par Statistique Canada, Dre Du Mont a fait remarquer que depuis qu’elles ont eu 16 ans, la moitié de toutes les femmes au pays ont vécu au moins une expérience de violence physique ou sexuelle; toutefois, seulement 6 pour cent de ces agressions sont dénoncées.

« Nous avons appris que la violence envers les femmes était une cause de décès aussi préoccupante que le cancer », a-t-elle annoncé devant une salle comblée.

AJO accorde une grande priorité à l’aide aux personnes vulnérables, telles que les victimes de violence familiale, mais nous reconnaissons aussi le besoin d’améliorer nos services pour qu’ils soient plus holistiques, mieux intégrés et fondés sur les besoins des clients.

i vous connaissez une personne touchée par la violence familiale qui a besoin d’aide juridique, qu’il s’agisse de l’obtention d’une ordonnance de non-communication, d’une demande de séparation ou d’une assistance pour rompre un engagement de parrainage, dites-lui d’appeler la ligne de service sans frais d’AJO au 1 800 558-8258.

Michelle Squires est responsable de la Stratégie en matière de violence familiale d’AJO.

Photo : Faculté des sciences et génie de l’Université Laval