AJO célèbre la Journée mondiale de la diversité culturelle pour le dialogue et le développement

Le 21 mai marque la Journée mondiale de la diversité culturelle pour le dialogue et le développement. L’objectif de cette journée est d’approfondir nos réflexions sur les valeurs de la diversité culturelle pour apprendre à mieux vivre ensemble.

La diversité culturelle est une réalité sur laquelle AJO se penche souvent. En effet, la culture a une incidence sur les clients et leur façon de régler leurs problèmes juridiques ou, dans certains cas, l’absence de tentative pour faire respecter leurs droits.

La Stratégie à l’intention des communautés racialisées d’AJO

En juin 2016, lorsqu’AJO a annoncé qu’elle élaborerait une stratégie pour trouver des moyens d’améliorer ses services aux communautés racialisées, nous avons rapidement pris conscience du rôle que joue la culture dans les conflits juridiques qui les touchent.

AJO a attribué des subventions à deux organismes distincts dans le but d’aider les étudiants noirs qui font face à des audiences disciplinaires ou de renvoi. Elle a également financé des causes types qui sont centrées sur l’impact des préjugés implicites sur les interactions des policiers avec des hommes racialisés.

Lors des premières consultations, les partenaires communautaires ont signalé que les politiques des écoles avaient une incidence beaucoup plus lourde sur les jeunes désavantagés et qu’en conséquence, ces derniers se retrouvaient plus souvent aux prises avec le système de justice pénale, c’est ce que l’on appelle un cercle vicieux.

L’importance de reconnaître la diversité culturelle

C’est en raison de nos cultures distinctes que nos interactions avec le système juridique se font de manière entièrement différente.

La communauté noire déplore depuis longtemps le fait d’être la cible de profilage racial et d’un contrôle policier excessif. Les données de la police, de 2008 à la mi‑2011, indiquent que le nombre de jeunes hommes noirs âgés de 15 à 24 ans qui ont fait l’objet d’une fiche dans les 72 zones patrouillées de la ville est plus élevé que le nombre total de jeunes de ce groupe vivant dans ces zones.

À la suite des événements du 11 septembre, les communautés issues de l’Asie du Sud et du Moyen-Orient du Canada sont devenues une cible, elles aussi. L’islamophobie croissante a aussi contribué à accroître l’attention des policiers sur ces communautés.

Les personnes des groupes racialisés font souvent face à des obstacles, notamment leur statut d’immigrant ou de réfugié, une situation qui peut les dissuader de défendre leurs droits voire les maintenir dans une totale ignorance de ceux-ci. Elles peuvent également être incapables de communiquer dans une des langues officielles.

Ce fait est particulièrement inquiétant lorsqu’il s’agit de femmes immigrantes sans statut d’immigration qui font l’objet de violence familiale—certaines femmes ont peur de la honte et du stigmate liés à la violence familiale en plus de toutes les autres inquiétudes relatives à sa divulgation. Le Conseil canadien de développement social rapporte à ce sujet qu’une des préoccupations les plus communes des femmes immigrantes ou réfugiées concerne les procédures d’immigration, dont le parrainage, qui sont contrôlées par leur partenaire. Trop souvent, ces femmes sont mal informées sur leur statut, leurs droits et leur admissibilité à des programmes d’aide.

Le Conseil a ajouté que certaines communautés ethniques ou religieuses exerçaient des pressions sur les femmes pour les inciter à rester avec leur partenaire violent et préconisaient de chercher refuge chez des parents ou des amis plutôt que dans des maisons d’hébergement. Dans certaines communautés, les maisons d’hébergement sont vues comme des refuges pour toxicomanes et alcooliques où il n’est pas possible de se nourrir ou de se comporter conformément aux croyances, aux traditions et à la culture.

Les efforts d’AJO

Au cours de la première étape de nos consultations, lorsque nous nous adressions principalement aux organismes qui servent les communautés racialisées, on nous a souvent répété qu’il était très important qu’AJO et son personnel améliorent leur façon de servir ces clients.

Nous savons qu’il est primordial de former notre personnel de sorte qu’il apprenne à s’affranchir de ses préjugés inconscients et d’accroître sa sensibilisation aux questions culturelles et à la communication interculturelle.

Cela pourrait se traduire par une manière plus nuancée de poser les questions pour que le personnel puisse déterminer le meilleur moyen de procurer les services afin de répondre aux besoins d’un membre d’une communauté racialisée donnée.

Nous reconnaissons également l’importance de recueillir des données statistiques relatives à l’appartenance raciale de manière à éliminer ou à surmonter les obstacles systémiques auxquels font face les personnes lorsqu’elles essaient de régler leur problème juridique. Ces données nous permettront de mettre en place des programmes adaptés—et, ultimement, d’améliorer ces programmes et la prestation des services.

Nous fournissons fréquemment des mises à jour sur la Stratégie à l’intention des communautés racialisées sur notre site Web. Pour de plus amples renseignements, visitez notre site Web à legalaid.on.ca/SCR.