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La création d’une approche holistique pour le service fourni aux clients l’histoire d’une clinique

de Ian Aitken

La Clinique juridique communautaire Brant Haldimand et Norfolk a participé au projet pilote du Bilan de santé juridique (BSJ) et utilise depuis lors cet outil pour aider les clients qui sont confrontés à des problèmes juridiques qui n’ont pas été repérés.

Il s’agit d’un sondage avec des questions simples portant sur la plupart des problèmes juridiques auxquels sont confrontées les personnes à faible revenu de notre collectivité et que nous aidons à résoudre au quotidien. Les questions posées aux participants abordent, par exemple, leur revenu, leur logement, leur emploi, l’éducation, la santé, et les soutiens familiaux et communautaires dont ils disposent.

Leurs réponses peuvent révéler des problèmes juridiques non repérés jusqu’alors et qui peuvent être résolus avant même de déclencher une situation de crise comme une expulsion ou une maladie.

En nous aidant à repérer l’ensemble des questions juridiques et à apporter du soutien aux clients dans ce domaine, le BJS a changé la façon dont nous entrons en contact avec les clients et dont nous interagissons avec eux et nous a amenés vers un modèle plus holistique de services juridiques qui suscite la confiance des clients.

 Les problèmes d’hébergement vécus par une famille

Notre soutien à John Doe (son nom a été changé), l’un des premiers clients du BJS à s’être rendu à notre clinique, permet d’exposer les avantages potentiels du bilan de santé.

John nous a contactés avec une urgence il y a un an, avant la mise en place du projet pilote du BJS, au moment où sa famille était menacée d’expulsion et risquait de perdre son appartement.

L’avocat de service en droit des locataires de notre clinique a fourni à John des conseils juridiques à la Commission de la location immobilière, mais John et sa famille ont finalement été expulsés en raison d’arriérés de loyer.

John nous a contactés six mois plus tard, il vivait alors dans un motel avec sa famille. Il n’avait plus d’argent et se voyait forcé de quitter le motel. Nous l’avons orienté vers l’Armée du Salut pour obtenir une aide au logement d’urgence et l’aider à trouver un nouvel endroit pour vivre.

L’Armée du Salut l’a effectivement aidé à trouver un nouvel appartement, mais il était insalubre et le chauffage était insuffisant. Il a de nouveau appelé l’Armée du Salut pour solliciter son aide. Cette fois, l’organisme l’a renvoyé au BJS, dont il a rempli le questionnaire en ligne.

Le BJS lui a permis de prendre le temps de réfléchir à ce qui se passait dans sa vie et lui a donné accès à un outil qui offrait la possibilité de repérer tous ses problèmes juridiques, des questions urgentes qui n’avaient pas été transformées en crises aux préoccupations moins pressantes.

Cela nous a donné l’occasion de l’aider à déterminer la cause de tous ses problèmes juridiques et d’envisager une gamme de soutien holistique.

En définitive, l’outil nous a aidés à prêter assistance à John et à sa famille, à améliorer immédiatement leurs conditions de vie et à les à sortir de la pauvreté la plus totale dans un délai assez court.

Toute l’histoire

John avait un travail et il subvenait aux besoins de sa famille jusqu’au jour où il a subi un accident du travail et a vu par la suite ses prestations de la Commission de la sécurité professionnelle et de l’assurance contre les accidents du travail (CSPAAT) réduites. Voici ce qui s’est passé une fois armés des renseignements qu’il nous a fournis :

  • Nous sommes immédiatement intervenus auprès de la Commission de la location immobilière et nous l’avons aidé à obtenir le chauffage et une réduction de loyer.
  • Nous lui avons fourni des conseils sommaires au sujet de sa demande auprès de la CSPAAT et nous lui avons donné des conseils sur les options qui lui étaient offertes.
  • Nous l’avons aidé à effectuer une demande de prestations au programme Ontario au travail et au Programme ontarien de soutien aux personnes handicapées (POSPH) et nous l’avons guidé pour effectuer sa demande de prestations d’invalidité du RPC—prestations qu’il aurait dû demander juste après la réduction de ses prestations de la CSPAAT et qui lui fourniront assez d’argent pour vivre dans un endroit décent.
  • Nous allons l’aider à faire une demande pour obtenir une carte du POSPH pour les dépenses dentaires et en médicaments de ses enfants.

John et sa famille restent en communication avec la clinique et continuent de recevoir une aide juridique importante.

Mettre les clients en relation avec les ressources communautaires

La véritable magie du BJS est qu’il oriente davantage de personnes à la fois vers notre service et vers d’autres ressources dans la communauté.

Il y a deux ans, lorsque John a appris que ses prestations de la CSPAAT allaient être réduites, ni lui, ni sa famille et encore moins ses amis n’avaient songé à ce qu’il consulte un avocat. Et malgré le fait que nous l’avions aidé dans le passé, il ne connaissait pas notre travail et notre connaissance du système.

Si le BJS avait existé et si John avait rempli le questionnaire à l’époque, la sonnette d’alarme se serait éteinte. Nous lui aurions probablement dit qu’il risquait de perdre son logement et de ne pas avoir les ressources pour prendre soin de sa famille et qu’il pouvait atténuer ce risque en faisant appel de la réduction de ses prestations de la CSPAAT.

Ces mêmes sonnettes d’alarme ont sonné quand il a utilisé cet outil.

Les intermédiaires de confiance sont essentiels

John a été en mesure de se connecter avec les nombreux services juridiques que nous pouvons fournir grâce au BJS, lequel lui avait été indiqué par l’armée du Salut qui figure parmi les nombreux intermédiaires communautaires avec lesquels nous travaillons.

La connexion avec un intermédiaire de confiance, en particulier pour les personnes qui peuvent se méfier ou être suspicieuses du système juridique, fait partie intégrante du succès du BJS.

Dans ce cas, le client a contacté l’Armée du Salut parce qu’il faisait confiance à l’organisme et qu’il ne s’agissait pas d’un service « juridique ». Ils lui ont assuré que notre clinique pourrait l’aider malgré les craintes qu’il éprouvait à l’encontre du système juridique.

Contactez-nous pour obtenir un service plus efficace et holistique

Notre clinique a été le témoin de nombreux exemples de la façon dont le BJS peut nous aider à fournir un service plus efficace et holistique.

Si vous habitez dans les comtés de Brant, Haldimand ou Norfolk et que vous voulez vérifier l’état de votre santé juridique, veuillez communiquer avec nous au 519 752‑8669 poste 23. Vous pouvez également remplir le questionnaire du bilan de santé juridique en ligne à https://www.legalhealthcheckup.ca/fr/.

Ian Aitken est codirecteur de la Clinique juridique communautaire – Brant, Haldimand, Norfolk.