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LAO LAW : « C’est très intello. Mais on le vit à fond. »

Photo ci-dessus : l’équipe de LAO LAW.

J’ai demandé à Amy Shoemaker, directrice de LAO LAW, le service de recherche d’Aide juridique Ontario, de m’expliquer en quoi consiste son service.

« Nous fournissons un soutien en recherche aux avocats qui agissent pour le compte des clients de l’aide juridique, qu’ils soient avocats de service ou avocats du secteur privé. »

« Est-ce ainsi que vous l’expliqueriez si vous étiez à une fête? » lui ai-je demandé.

Amy change de tactique. « Eh bien, ce qui se passe c’est que des avocats nous envoient une question (qui concerne une affaire juridique) et nous demandent de trouver un fondement juridique pour appuyer leur position ou un moyen de lutter contre cette position si elle est utilisée par l’avocat de la partie adverse.

« Nous avons un avocat de garde tous les jours, explique-t-elle, qui répond aux questions juridiques des membres du personnel d’Aide juridique Ontario ou des avocats — parfois, c’est urgent, parfois c’est un travail de plus longue haleine — et parfois on peut juste donner une réponse rapide. À d’autres moments, cela nécessite une réponse complexe. Nous essayons toujours de faire en sorte que les résultats de l’affaire des personnes qui font appel à nous soient meilleurs que ce qu’ils seraient sans notre intervention. »

À l’origine, LAO LAW a commencé en tant que « centre de recherche ». L’un des fondateurs d’AJO, Sidney Linden, considérait que les avocats de l’aide juridique devaient disposer d’outils de recherche de qualité identiques à ceux auxquels la Couronne ou l’avocat de la partie adverse avait accès. Le résultat de la recherche sur la jurisprudence pourrait alors aider d’autres avocats, pour qu’ils n’aient pas à « réinventer la roue » en partant de zéro à chaque nouvelle affaire.

De ce fait, les avocats de l’aide juridique peuvent utiliser leurs heures facturables pour travailler avec leur client, plutôt qu’en recherche.

Aujourd’hui, l’expertise du service s’étend du droit criminel au droit de la famille en passant par le droit des réfugiés. Amy explique que la force du service réside dans le soutien qu’il apporte aux avocats de l’aide juridique qui manquent souvent de ressources.

« Beaucoup d’avocats sont seuls quand ils travaillent sur une cause, c’est agréable de pouvoir appeler, de discuter des questions juridiques et de demander de l’aide pour effectuer ses recherches. Les avocats qui nous appellent peuvent souvent soumettre leurs idées à l’un de nos avocats ce qui leur permet soit d’éliminer, soit de confirmer un argument juridique. »

Je lui ai demandé sur quels types d’affaires son équipe travaillait. « Je ne peux pas divulguer nos secrets, dit-elle en riant. Mais nous travaillons sur des affaires très intéressantes, des affaires graves comme des assassinats. Nous travaillons sur certains problèmes de preuve fascinants. Nous avons de formidables causes en droit de la famille. Notre travail est chaque jour différent. »

C’est la nature variée du travail qui fait de LAO LAW un service si captivant pour Amy. « Ce n’est jamais ennuyeux ou routinier. Et même quand tu penses avoir fait le tour, tu te trompes. Il y a toujours quelque chose de nouveau à apprendre au fur et à mesure que tu progresses dans le service. Quand tu es avocat ou avocate-recherchiste, c’est ce que tu aimes. L’excitation d’avoir trouvé la réponse ou d’aider quelqu’un à parvenir à une conclusion juridique. »

« C’est une quête très intello » dis-je en plaisantant.

« C’est très intello, en effet, me répond-elle. Mais on le vit à fond. Nous plaisantons entre nous en disant que nous sommes un groupe très intello. On lit, on épluche le droit et on réfléchit à des problèmes.

« Parfois quand nous avons nos réunions préliminaires, on peut avoir des discussions très animées où les remarques fusent de part et d’autre sur ce que l’on considère utile pour une cause et sur ce que l’on croit que le droit exige dans ce cas et alors l’un de nous court effectuer des recherches et prouver aux autres qu’il a raison. »

LAO LAW offre un large éventail de services, soit par téléphone ou par le biais de son site Web mis à la disposition des avocats de l’aide juridique. Le service fournit des mémoires généraux, des documents secondaires et une revue de la jurisprudence. Au cours des dernières années, le service a également mis en place une base de données en science médico-légale. La base de données couvre toute sorte de sujets liés à la médecine légale, notamment des données sur les taches de sang et sur la balistique vérifiées par des spécialistes du domaine et complétées au fil du temps.

« Au sein du service, il y a certains domaines sur lesquels tout le monde veut travailler ou que tout le monde veut mettre à jour comme l’analyse morphologique des taches de sang ou la balistique », indique Amy.

Au fil des ans, Amy a pu constater les résultats du travail de LAO LAW. « Pas plus tard qu’aujourd’hui un avocat nous a écrit pour nous dire que la recherche que nous avions effectuée a contribué à obtenir un acquittement pour son client alors c’est une bonne journée pour nous. »

« Qu’est-ce qui pousse les membres du service à venir travailler chaque matin? »

Amy me répond : « C’est le fait que notre travail est intéressant et que nous avons la possibilité d’utiliser nos connaissances juridiques pour aider les gens.

« Nous aidons à défendre des gens dont la liberté est menacée ou nous aidons des familles qui sont dans une situation désespérée. Très souvent, les clients vivent le moment le plus stressant de leur vie et les avocats qui agissent en leur nom ont une énorme responsabilité. Quand nous trouvons la jurisprudence qui porte sur la question traitée et que nous voyons le résultat pour une personne, c’est très gratifiant. »

« Si j’étais vous, je dirais simplement : “Dans la vie, j’élucide des crimes.” »

Amy se met à rire. « Ce n’est pas aussi simple que cela. »

Graeme Burk

À propos de Graeme Burk

Graeme Burk est conseiller en communications à Aide juridique Ontario. Il travaille dans les communications au sein du secteur à but non lucratif depuis 15 ans. Auteur de plusieurs livres sur la télévision, il a travaillé en tant que pigiste à la rédaction, entre autres, d’articles et de billets de blogues pour des magazines et des sites Web, de scénarios et de documentaires. Il présente actuellement deux balados, l’un sur la série télé Doctor Who et l’autre sur les Beatles. Il vit à Ottawa et à Toronto.