World Day for Safety and Health at Work, April 28, 2016

Journée mondiale de la sécurité et de la santé au travail, le 28 avril 2016

Par Joanne Hall

Le stress au travail : un défi collectif

Le stress au travail est un phénomène si répandu, que la plupart d’entre nous ne sait pas discerner ce qui relève des simples préoccupations associées aux responsabilités quotidiennes du stress dévastateur. Dans le deuxième cas, le stress est tellement invalidant qu’il est nécessaire d’en prendre conscience et d’y faire face.

Le 28 avril célèbre la Journée mondiale de la sécurité et de la santé au travail, une journée de sensibilisation au stress au travail, devenu un enjeu à l’échelle de la planète. Cette année, le thème de la campagne de l’Organisation internationale du travail (OIT) est « Le stress au travail : un défi collectif ». Dans le cadre de cette campagne, l’OIT a publié un rapport sur le stress au travail qui présente les tendances globales et explique la nécessité d’adopter une approche collective pour prévenir et contrôler ce vaste problème.

Stress au travail en Ontario

Avant 1998, la Commission de la sécurité professionnelle et de l’assurance contre les accidents du travail (CSPAAT) considérait le stress comme une cause d’invalidité au même titre que les autres causes d’invalidité liées au travail. Par conséquent, lorsque la CSPAAT établissait que l’invalidité d’un travailleur avait été causée en grande partie par le stress au travail, celui-ci avait droit à des prestations pour perte de gains pendant la période d’incapacité qui en résultait.

Après 1998, les travailleurs ne pouvaient plus être indemnisés pour le stress mental causé du fait de leur exposition prolongée aux facteurs de stress professionnels chroniques. Les travailleurs ne pouvaient dès lors obtenir des prestations que pour des cas d’invalidités résultant d’événements traumatiques inattendus ou du trouble de stress post-traumatique.

En 2014, le Tribunal d’appel de la sécurité professionnelle et de l’assurance contre les accidents du travail a conclu que le fait de restreindre l’indemnisation était contraire à la Charte canadienne des droits et libertés. Par conséquent, les travailleurs handicapés par le stress chronique peuvent interjeter appel de la décision jusqu’aux plus hautes instances et recevoir une indemnité. Il faut pourtant compter des années de procédure et de représentation juridique ce qui rajoute du stress aux personnes qui en sont déjà psychologiquement handicapées.

La clinique juridique Injured Workers Consultants Community

Une clinique juridique communautaire appelée Injured Workers Consultants Community Legal Clinic (IWC) mène des campagnes de lobbying en faveur de modifications législatives qui respectent la Charte canadienne des droits et libertés. Ces campagnes entrent dans le cadre de son mandat d’aider les personnes à faire face au stress au travail par différents moyens : le lobbying pour la réforme du droit, l’éducation juridique du public, le développement communautaire par l’appui des organisations des travailleuses et des travailleurs accidentés et la représentation juridique pour des cas particuliers.

La clinique IWC exhorte le gouvernement à abroger les plafonds d’indemnisations imposés en 1998, d’élargir la liste des professions pour y inclure les catégories d’emploi ayant des conditions de stress similaires dans lesquelles les travailleurs sont souvent exposés à des circonstances stressantes et traumatisantes. Elle presse également le gouvernement d’améliorer l’accès aux traitements psychologiques et psychiatriques afin que les premiers intervenants, ainsi que les Ontariennes et Ontariens, puissent accéder aux services de santé mentale dont ils ont besoin.

Un changement significatif est possible

Ensemble, les cliniques et le gouvernement peuvent apporter des changements qui auront un réel impact sur la qualité de vie des gens et sur la société. De récentes réalisations d’importance illustrent l’impact positif que la clinique IWC a eu sur l’amélioration de la sécurité et de la santé au travail :

  • Dans un document soumis au gouvernement de l’Ontario (en anglais seulement), la clinique IWS fait observer que la majorité des problèmes de santé mentale liés au travail ne sont pas causés par un événement soudain et traumatique. C’est davantage la violence en milieu de travail comme l’intimidation et le harcèlement sexuel qui représentent les risques les plus préoccupants sur la santé et la sécurité en milieu de travail.

  • Pour s’attaquer au problème des incapacités dues à la santé mentale liées au travail, l’Ontario a adopté une loi en avril 2016 qui permettra un accès plus rapide à des prestations, des ressources et des traitements opportuns pour les premiers intervenants, notamment les pompiers et les équipes d’intervention d’urgence chez qui le syndrome de stress post-traumatique (SSPT) a été diagnostiqué, et ce, sans qu’ils aient à prouver que leur travail en est la cause.

Il n’est peut-être pas possible d’éliminer le stress professionnel, mais les organismes peuvent certainement collaborer à l’amélioration des services de soutien aux personnes qui souffrent des conséquences du stress sur leur santé. Les réalisations de la clinique IWS ainsi que de nombreuses autres cliniques d’AJO qui aident les travailleuses et les travailleurs de l’Ontario redonnent espoir aux personnes qui souffrent du stress.

Joanne Hall est conseillère en communications à Aide juridique Ontario. Elle possède plus de dix ans d’expérience au sein d’AJO dans des domaines variés. Elle a notamment passé plusieurs années au Bureau des avocats de service de College Park.