Francophonie: not just one day - La Francophonie n’est pas l’affaire d’une seule journée

La Francophonie n’est pas l’affaire d’une seule journée

De Chantal Gagnon

La journée internationale de la Francophonie, qui a lieu le 20 mars, est une excellente occasion de se rassembler et de célébrer la langue et la culture françaises, comme la journée franco-ontarienne, un événement plus local célébré le 25 septembre.

En tant qu’agence gouvernementale, le fait de dire que vous avez une obligation en vertu de la Loi sur les services en français de fournir des services en français est une chose, mais construire une culture dans un organisme qui adhère pleinement à ce principe en est une autre. Encourager l’esprit de la Francophonie est vital pour tout organisme au service de la clientèle francophone.

Je ne célèbre pas ma Francophonie une semaine par an. Je la célèbre au quotidien. Je dis « bonjour » à tous ceux que je rencontre, et j’encourage fièrement les gens à parler français, à apprendre le français et à lire en français. Je vis la culture française en permanence, autant que je le peux.

La Francophonie compte pour les services juridiques

Pour AJO, la Francophonie est importante parce que les Francophones font face à une série de défis particuliers en ce qui concerne l’accès à la justice en Ontario. Le système juridique est compliqué pour les clients, quelle que soit la langue; il l’est a fortiori quand il n’a pas été conçu pour être au service de votre langue ou de votre culture.

Les Francophones ont le droit d’accéder à des services en français en Ontario, mais beaucoup ne savent pas que ce droit existe ou même ce qu’il signifie. Cela peut s’avérer compliqué, parce que ce droit peut varier selon l’endroit où vous êtes dans la province et selon la personne qui fournit les services.

Même les prestataires de services ne savent pas nécessairement comment tout cela fonctionne.

D’ailleurs, il y a tout simplement moins de services disponibles en français. Malheureusement, parce que cela peut prendre plus de temps pour obtenir des services en français, certains Francophones peuvent renoncer à leur droit à des services en français pour un résultat plus rapide.

Les services en français améliorent ce que vivent les Francophones confrontés au système de justice

Pour accroître l’accès à la justice, nous devons faire tout notre possible pour offrir des services directs en français. De plus, nous devons veiller à ce que les Francophones comprennent leurs droits.

On parle souvent du principe de « l’offre active » de services. Cela signifie qu’en tant que prestataires de services, il nous incombe d’offrir des services en français, parce que nombreuses sont les personnes qui n’oseront pas les demander. Dans une situation de crise, personne ne veut avoir le sentiment de demander un « traitement de faveur ». Bien évidemment, ce n’est pas le cas, mais le simple fait de demander peut ajouter du stress à une situation déjà difficile. Et les gens, dans une situation stressante, vont revenir à leur langue maternelle ou, dans le cas de certains immigrants, à leur langue seconde préférée.

Dans toute situation juridique, il est essentiel que les gens puissent comprendre ce qui se passe autour d’eux et se faire comprendre. Qui plus est, si l’on considère les domaines du droit dans lesquels nous travaillons (droit criminel, droit familial, droit des réfugiés), les malentendus peuvent inévitablement avoir des conséquences potentiellement dévastatrices sur la vie d’une personne.

La loi est claire et stipule que même si nous offrons les services d’un interprète, cela n’équivaut pas à la prestation de services en français. Par sa nature même, l’interprétation peut être imprécise, venant ainsi s’ajouter aux défis liés au service en lui-même. Et c’est loin d’être la seule difficulté potentielle. À titre d’exemple, une grande partie de nos clients sont des immigrants francophones, pour qui l’anglais ou le français n’est pas la première langue, mais pour qui le français constitue un langage commun ou une deuxième langue. De ce fait, en juin 2009, le gouvernement de l’Ontario a introduit une nouvelle définition de la population francophone de la province qui reflète mieux l’évolution et la diversité des communautés francophones de l’Ontario.

Accroître l’accès à la justice pour les Francophones

À AJO, nous veillons à respecter non seulement la lettre, mais aussi l’esprit de la loi en matière de services en français.

En Ontario, certaines parties de la province sont désignées comme francophones, mais ce n’est pas facile à comprendre, et ces zones peuvent changer au fil du temps. Nous nous assurons de respecter la prestation de services dans l’ensemble des 26 zones désignées, et nous leur allouons la majeure partie de nos ressources. Par ailleurs, nous essayons de fournir des services dans les deux langues officielles à des degrés divers partout dans la province.

Dans nos politiques de recrutement et de développement des capacités, nous mettons l’accent sur les compétences en français. Nous sommes très engagés à développer la capacité juridique en français, et nous offrons beaucoup de possibilités pour les stagiaires et les parajuristes. De même, nous participons au Plan stratégique du ministère du Procureur général pour le développement des services en français dans l‘ensemble du secteur de la justice en Ontario.

Projets axés sur les Francophones

Nous travaillons également sur une gamme de projets spéciaux conçus en gardant les clients francophones à l’esprit.

Nos lignes de conseils juridiques sommaires francophones en sont un excellent exemple. Ce service est fourni par téléphone par 4 cliniques pour les zones de services régionales de la province. Il a été conçu en consultation avec les intervenants communautaires, ainsi il comble des lacunes repérées spécifiques.

Le projet d’information juridique axé sur les jeunes francophones en est un autre exemple.

Nous travaillons principalement avec L’Association des juristes d’expression française de l’Ontario (AJEFO), le Centre francophone de Toronto (CFT) et Justice for Children and Youth (JFCY). Tout d’abord, nous avons travaillé pour rendre le site Web de JFCY entièrement bilingue. Puis, ensemble, nous avons effectué des enquêtes dans les écoles secondaires francophones pour évaluer les connaissances juridiques, et créé des outils spécialement pour les jeunes et les personnes qui travaillent avec les jeunes. Ces outils sont désormais disponibles sur cliquezjustice et les sites Web de JFCY et de CLEO.

Vivre pleinement la Francophonie : mode d’emploi

Pour soutenir la Francophonie, il est important de faire des activités plaisantes reliées au français, et de faire des choses qui ne sont pas uniquement liées à des obligations professionnelles. Dans notre service, nous concevons des activités, des jeux et des concours pour faire participer le personnel d’AJO à la langue et à la culture françaises. C’est un moyen de faire en sorte que la langue française fasse partie de la vie quotidienne des gens et de créer un environnement où le français, loin d’être relayé au second plan, est bel et bien présent. Je pense que c’est très important pour la culture d’un organisme.

En dehors du travail, il existe de nombreuses façons pour tout Ontarien ou Ontarienne de tirer parti de la Francophonie et de la soutenir. Si vous êtes francophone, il est important de parler français chez vous et de faire en sorte que votre langue reste une langue vivante au sein de votre famille. Regardez la télévision et des DVD en français; écoutez la radio française. Et que vous soyez en mesure de vous exprimer couramment en français ou non, songez à vous impliquer dans les clubs français locaux, les associations françaises, les écoles françaises, et participez à des événements et à des rassemblements sur les médias sociaux, par exemple.

Si nous ne croquons pas la vie francophone à pleines dents et si nous ne soutenons pas ceux qui le font, elle pourrait fort bien disparaître.

Mais ensemble, nous pouvons conserver ce riche patrimoine et faire en sorte que ces services vitaux continuent d’exister.