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La police de Hamilton met à l’essai une réponse innovante aux situations de crise

Faisant intervenir des services de soutien pendant des situations de crise, l’équipe d’intervention rapide mobile de première ligne du Service de police de Hamilton est le premier programme au Canada qui propose de déployer, dans des situations de crise, des policiers travaillant en tandem avec des travailleurs de la santé mentale. L’équipe d’intervention rapide se distingue des autres programmes d’intervention en situation de crise que la police de Hamilton applique, grâce à sa capacité de répondre immédiatement, au lieu d’effectuer un suivi après quelques heures ou quelques jours.

Chaque semaine, du lundi au vendredi, de 10 h à 22 h, une équipe va patrouiller les rues dans un véhicule de police et répond aux besoins les plus urgents des habitants de Hamilton. Encore dans sa première année pilote, le programme a déjà démontré des résultats prometteurs pour la suite et a été cité dans le rapport Iacobucci, Police Encounters with People in Crisis, comme programme d’application de la loi exemplaire fournissant une réponse informée aux besoins en santé mentale de la population locale.

Intervention dans une situation de crise

« Grâce au savoir-faire combiné d’un travailleur de la santé mentale de St. Joseph et d’un agent de police, explique l’inspectrice du Service de police de Hamilton, Glen Bullock, nous sommes en mesure d’aider plus efficacement les agents en première ligne et de résoudre les problèmes avant qu’ils ne s’aggravent. »

Bien qu’une situation de crise puisse être causée par un trouble de la santé mentale, il existe des milliers de scénarios susceptibles de dégénérer en une situation de crise. Selon Glen Bullock, « ce qui remplit les critères d’une “situation de crise” est réellement un continuum. À une extrémité du continuum, il peut y avoir une personne au bord d’un précipice, menaçant de sauter. À l’autre extrémité, il peut y voir une personne qui ne souffre pas de santé mentale, qui est globalement en bonne santé, mais qui se trouve à ce moment-là dans un état très émotionnel, par exemple après un événement traumatisant comme un accident de voiture ou un problème familial, comme une dispute avec un collègue, ou une autre situation qui a justifié l’appel à la police. »

L’équipe d’intervention rapide rencontre ces personnes et leur offre un accès rapide aux services. Ce qui est peut-être le plus important, l’équipe détermine les problèmes en jeu et établit si elle se trouve face à un trouble de la santé mentale ou une situation émotionnelle. Cette étape est essentielle pour décider des prochaines étapes, souligne Glen Bullock. Elle ajoute : « Ce système est aussi très avantageux pour les travailleurs de la santé mentale et les agents de police qui apprennent les uns des autres, sentent que leur coopération est très utile et ont davantage de plaisir à travailler ».

Obtenir des résultats

« Les résultats que nous obtenons en disent long », confirme Glen Bullock.

Même si tous les agents en patrouille du Service de police de Hamilton reçoivent une formation spécialisée quelconque et qu’ils finissent tous par suivre une formation sur l’intervention en situation de crise, Glen Bullock ne doute pas un instant que les agents membres de l’équipe d’intervention rapide approchent une situation de crise d’une façon différente.

Glen Bullock précise sa pensée : « Même s’il est vrai que l’équipe d’intervention rapide est relativement petite par rapport à l’ensemble du corps de police, nos chiffres démontrent qu’elle procède à beaucoup moins d’appréhensions. Ses membres sont plus à même de régler les problèmes sur place ou de faire appel aux services nécessaires. En outre, parmi les appréhensions que l’équipe effectue en vertu de la Loi sur la santé mentale, un plus grand nombre de personnes appréhendées sont placées directement sous des soins médicaux ou psychiatriques et évitent un placement sous la garde de la police. »

Pour une personne en situation de crise émotionnelle, une intervention précoce est cruciale. Lorsqu’une jeune femme a appelé la police de Hamilton en menaçant de « disparaître » avec un couteau et peut-être de l’utiliser, Glen se souvient de la rapidité avec laquelle l’équipe d’intervention rapide a réagi : « L’équipe était auprès de cette femme peu de temps après que nos répartiteurs ont déterminé qu’il s’agissait d’une situation de crise. Les membres de l’équipe ont appris que la femme était submergée par le deuil après la mort soudaine d’un ami proche. Le travailleur de la santé mentale a réussi à la calmer émotionnellement sur place. Une intervention policière qui aurait pu renvoyer la personne devant les tribunaux a permis au contraire de la renvoyer vers des services de counseling et de soutien en situation de deuil. »

Glen Bullock évoque une autre situation, où l’équipe d’intervention rapide s’est trouvée par hasard sur les lieux d’un accident automobile et s’est arrêtée pour offrir son aide. « Lorsque les membres de l’équipe sont arrivés sur les lieux, ils ont tout de suite compris que le conducteur était en état de choc et sur le point d’avoir une crise d’angoisse, explique-t-elle. La présence d’un travailleur de la santé mentale sur place pour aider le conducteur a tout de suite calmé le conducteur et atténué l’impact psychologique de l’accident sur lui. »

Collaboration intersectorielle

Quel a été le facteur principal dans l’élaboration de ce programme réussi? La collaboration dès le premier jour entre les agents de police et les fournisseurs de services de santé mentale a été indispensable pour la création d’une équipe d’intervention rapide. La police de Hamilton a travaillé en étroite collaboration avec St. Joseph’s Healthcare, le principal fournisseur local de services de santé mentale et partenaire dans la prestation de ces services à la population.

Ce n’est pas leurs premiers efforts conjoints. Le Service de police de Hamilton et St. Joseph’s collaborent depuis plus de 17 ans dans le cadre de divers systèmes de sélection et de formation pour mieux servir la collectivité locale. Auparavant, ils avaient collaboré à l’élaboration d’une formation en intervention en situation de crise qu’ont suivie la moitié des agents du Service de police de Hamilton, ainsi que les services COAST et le programme d’orientation, qui, selon Glen Bullock, a posé les bases de l’équipe d’intervention rapide.

Glen Bullock conclut : « Dans les services de police, nous devons prendre très rapidement des décisions importantes, susceptibles d’avoir un impact profond sur des gens. Il est avantageux pour tous d’avoir plusieurs perspectives et connaissances sur place pour prendre ces décisions. Les gens obtiennent les services dont ils ont besoin plus rapidement et un processus simplifié permet de libérer des ressources pour pouvoir servir davantage de personnes à l’échelon local. »