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La Journée de la justice pour les prisonniers

(Traduit de l’anglais par Sophie Raymond)

La Journée de la justice pour les prisonniers est célébrée le 10 août de chaque année depuis son instauration en 1975 afin d’attirer l’attention sur la justice pour les prisonniers ainsi que sur leurs droits.

Cette année, à l’occasion de cette journée, l’Association canadienne des libertés civiles, Aide juridique Ontario (AJO) et la Société John Howard de Toronto accueilleront plusieurs importants défenseurs des droits de la personne dans le cadre d’une journée de discussion sur la santé mentale au sein du système de justice canadien.

L’importance d’obtenir la justice pour les prisonniers

Dans son éditorial de 2012, Sukanya Pillay, de l’Association canadienne des libertés civiles, explique l’importance de préserver les droits et la dignité des personnes incarcérées :

« Lorsque la punition d’un crime est l’incarcération–à la place d’une amende ou d’une condamnation avec sursis–cela veut dire que le prisonnier est puni pour son crime par la privation de sa liberté. La liberté est le droit sur lequel l’autodétermination et la pleine jouissance des autres droits fondamentaux sont fondées. En d’autres termes, la privation de liberté est, en soi, la punition.

Les souffrances inhérentes à cette peine ne doivent pas être injustement aggravées. Pourtant, lorsqu’une personne est “derrière les barreaux”, elle est placée immédiatement dans une situation d’impuissance et de dépendance, et donc possiblement exposée à des traitements cruels, inhumains ou dégradants et même à la torture. Alors que la privation de liberté peut être légale, la privation de la dignité humaine ne l’est pas. »

Les enjeux reliés à la justice pour les prisonniers

Depuis l’instauration de la Journée de la justice pour les prisonniers, les défenseurs des droits des prisonniers se sont concentrés entre autres sur les questions suivantes :

  • La surpopulation carcérale
  • La surreprésentation de certains groupes sociaux dans les prisons, notamment les groupes racialisés, les personnes ayant un trouble d’apprentissage, les personnes ayant des troubles de santé mentale, les Autochtones et les personnes GLBT
  • L’incarcération de personnes n’ayant pas été reconnues coupables d’un crime, mais qui ont violé leurs conditions de mise en liberté
  • La libération conditionnelle
  • Le traitement adapté au sexe et l’accès aux médicaments pour les personnes transidentifiées
  • Les mauvais traitements, les agressions et les agressions sexuelles dans les prisons
  • La santé mentale au sein de la population carcérale, notamment le traitement accordé aux détenues souffrant de maladie mentale ainsi que le traitement et la situation des prisonniers noirs et autochtones
  • La consommation de drogues et les sites d’injection sécuritaires dans les prisons
  • La mort et les droits des prisonniers mourants
  • Les besoins des détenus plus âgés
  • L’isolement cellulaire et préventif
  • Le transfèrement non sollicité
  • Le suicide et l’automutilation chez les prisonniers
  • Les sans-abris et la prison

L’histoire abrégée de la Journée de la justice pour les prisonniers

La Journée de la justice pour les prisonniers a été créée suite au décès, le 10 août 1974, du Canadien Edward Nalon, mort alors qu’il était tenu en isolement dans l’établissement de Millhaven en Ontario. Le 10 août de l’année suivante, les détenus ont organisé une grève de la faim et ont porté le deuil en mémoire de Nalon.

En mai 1976, la mort du détenu Robert Landers, qui avait été mis en isolement dans la même prison, a scellé la reconnaissance du 10 août comme la journée de commémoration et de deuil pour les prisonniers.

AJO et la justice pour les prisonniers

AJO soutient la justice pour les prisonniers de différentes façons, notamment par l’entremise du travail des personnes et groupes suivants :

  • Le personnel d’AJO, les avocats de services et les avocats du secteur privé qui fournissent aux détenus des conseils juridiques, des renseignements et de l’aide;
  • Le comité consultatif du droit pénitentiaire d’AJO composé d’experts se réunissant deux fois par année dans le but de procurer au conseil d’administration d’AJO des conseils à propos du droit carcéral et de questions touchant les détenus;
  • Le comité des recours collectifs et des causes types d’AJO qui soutient les litiges des causes types soulevant des questions relatives au droit carcéral et aux droits des prisonniers;
  • La Queen’s Prison Law Clinic (anciennement le Queen’s Correctional Law Project), une société sans but lucratif financée par AJO et la faculté de droit de l’université Queen’s qui fournit aux détenus des conseils juridiques et un service de représentation. Elle collabore aussi étroitement avec d’autres organismes comme l’Association canadienne des sociétés Elizabeth Fry, la Société John Howard du Canada et la Prisoners with AIDS Support Action Network.

Célébrez la Journée de la justice pour les prisonniers avec nous

Joignez-vous à nous pour célébrer la Journée de la justice pour les prisonniers ce 10 août en assistant à l’événement organisé au Metro Hall ou soulignez-la d’une autre manière à votre choix.

Voici différentes façons de promouvoir la justice pour les prisonniers le 10 août et tout au long de l’année :

  • Participer à un programme permettant aux détenus de se procurer des livres;
  • Naviguer sur le site Web d’organismes se consacrant à la défense de personnes ayant des démêlés avec la justice, comme la Société John Howard, ou d’organismes effectuant des recherches qui y sont liées, comme le Réseau juridique canadien VIH/sida;
  • Rechercher en ligne les événements se déroulant dans votre communauté. Au cours des dernières années, plusieurs associations de l’Ontario ont présenté des films, organisé des veillées et animé des groupes de discussion afin de souligner la Journée de la justice pour les prisonniers.
Colleen Westendorf

À propos de Colleen Westendorf

Colleen est spécialiste bilingue des communications numériques à AJO. Auparavant, elle a travaillé pour Radio-Canada et pour l’Ontario Association of Children’s Aid Societies. Colleen a grandi à Vancouver, puis a vécu trois belles années à Montréal; elle s’est ensuite installée à Toronto qui est maintenant son chez-soi.