Diversité et inclusion : deux pièces importantes du casse-tête qu’est « l’accès à la justice »

Par Noëlle  Richardson

(traduit de l’anglais par Sonia Bishop)

À mon avis, l’accès à la justice n’est possible que si nous, les personnes qui œuvrent dans le système judiciaire, fournissons des services appropriés qui répondent aux besoins des personnes les plus vulnérables de la société.

Noëlle Richardson

Noëlle Richardson

L’inclusion peut aider les travailleurs du système judiciaire à comprendre les besoins des clients de toutes les localités de l’Ontario. En outre, elle peut aider le personnel à acquérir les compétences culturelles nécessaires pour servir efficacement ces clients.

Une telle perspective contribue dans une large mesure à aider les organismes à reconnaître tous les aspects de notre diversité. Cela les aidera aussi à solliciter la perspective de tous pour fournir de meilleurs services aux personnes qui en ont besoin et développer une culture dans laquelle chacun sent qu’il a une place qui compte à la table de décision.

Une définition large du terme diversité qui englobe tout le monde est non seulement essentielle à cette approche, mais elle est cruciale pour garantir une approche qui n’est pas condescendante.

L’évolution de notre société a changé la vision de la diversité

Ce que Noëlle veut dire lorsqu’elle parle de…

Diversité – toutes les façons dont nous sommes tous différents les uns des autres. Une entité dont nous faisons tous partie et dont aucun n’est séparé.  

Inclusion – Une approche qui mise sur notre diversité pour acquérir des perspectives et des idées qui nous permettent d’être plus efficaces dans notre travail.

Accessibilité – Une approche qui préconise de « réparer l’environnement » au lieu de « réparer l’individu ».

La société canadienne a évolué à un rythme accéléré, depuis les années 60, date à laquelle la politique de l’immigration du pays a été modifiée entraînant un changement notable du paysage démographique du Canada.

Ayant pris conscience des défis rattachés à la pluralité démographique, les gouvernements fédéral et provinciaux ont, au fils des années, introduit des lois pour favoriser la pleine participation de tous à la vie collective. À titre d’exemple, on peut citer la politique de multiculturalisme adoptée par le Canada en 1971 et établie comme loi en 1988, la Charte canadienne des droits et libertés adoptée en 1982, la Loi sur l’équité en matière d’emploi du gouvernement fédéral en 1996et la Loi sur l’accessibilité pour les personnes handicapées en Ontario en2005.

Ces lois visent toutes la pleine participation de toutes les personnes sans exception, indépendamment de la nationalité d’origine, la couleur, la croyance, la race… Ensemble, elles ont grandement facilité l’accès au Canada aux personnes à qui cet accès aurait été refusé auparavant parce qu’elles provenaient de certaines régions du monde.

Représentation de la société au sein de notre organisme

L’environnement étant en constante évolution, nous devons trouver des façons d’anticiper les besoins de la société. Un des meilleurs moyens d’y arriver est de faire en sorte que la société soit représentée au sein de nos organismes. Les organismes qui optent pour des politiques d’inclusion auront les avantages suivants :

  • Seront considérés comme des employeurs de choix;
  • Attireront des employés à partir d’un large échantillon de la population;
  • Bénéficieront d’une perspective plus large lors de l’élaboration des politiques et des pratiques qui répondront aux besoins d’une société pluraliste;
  • Seront mieux en mesure d’atteindre les objectifs organisationnels et les attentes de la société et d’offrir des services et des programmes efficaces qui répondent au mieux aux besoins de la population diversifiée de l’Ontario qui dépend de ces services et programmes.

Défis dans l’acquisition des compétences nécessaires pour comprendre la diversité

Contrairement à tous les autres domaines d’apprentissage, acquérir les compétences nécessaires pour assurer une large compréhension de la réalité des gens et de leur perspective semble être un défi.

De façon générale, acquérir les connaissances et les compétences nécessaires à une tâche particulière ne semble pas poser de problème. Cependant, cela ne semble pas être le cas lorsqu’il s’agit d’acquérir des connaissances et les compétences permettant de mieux comprendre et apprécier l’altérité de l’autre.

Je me penchée sur cette question pendant longtemps. Je suis arrivée à la conclusion que la seule raison de cet état de fait est que pour beaucoup de personnes, admettre des lacunes dans la compréhension des autres est admettre un défaut de caractère, non un manque de connaissances.

Appliquer de bonne foi des pratiques inclusives lors de la prestation de services au public est essentiel pour nous aider à dépasser la barrière particulière du politiquement correct. Je n’ai aucun doute qu’intégrer les sensibilités culturelles comme exigence professionnelle au travail d’avocat peut aider le système judiciaire à améliorer l’accès à la justice dans l’ensemble de la province.

Noëlle Richardson est directrice générale de la diversité pour les organismes au ministère du Procureur général.