HIV-AIDS ribbon on a blue background ... symbole de la lutte contre le VIH/sida, sur fond bleu

Ryan Peck: VIH/sida et le besoin de services juridiques spécialisés

Par Ryan Peck

« La réalisation pleine et universelle de tous les droits de l’homme et libertés fondamentales est un élément essentiel de l’action mondiale contre la pandémie de VIH/sida. »

 

Assemblée générale des Nations Unies, Déclaration politique sur le VIH/sida, 2 juin 2006

 

Recevoir un diagnostic de séropositivité est accablant. Combiné à la pauvreté, à la stigmatisation et à la discrimination qui peuvent l’accompagner, ce diagnostic peut être complètement dévastateur.

Aucune autre maladie ne donne lieu à des conséquences aussi lourdes, sur le plan juridique, social, culturel et familial. Les gens qui vivent avec le VIH/sida sont souvent isolés de leurs amis, de leur famille et de la société. Ils se voient parfois refuser des soins de santé, un emploi et des services. La divulgation de sa séroposivité peut être traumatisante, même si elle est faite volontairement.

Ces dernières années, le VIH s’est transformé en une maladie chronique gérable, au moins pour ceux et celles qui ont accès à un traitement efficace. En outre, les connaissances scientifiques relatives aux risques de transmission se sont considérablement améliorées.

Et pourtant, une étude menée par la Fondation de recherche sur le SIDA en 2012 révèle encore les statistiques suivantes :

  • 16 % des Canadiens « ont peur » des gens qui vivent avec le VIH/sida.
  • 18 % des répondants seraient un peu mal à l’aise ou très mal à l’aise s’ils devaient travailler dans un bureau à côté de quelqu’un qui a la maladie.
  • 23 % seraient mal à l’aise de faire des achats dans une épicerie locale qui appartient à quelqu’un qui vit avec le VIH/sida.
  • 35 % des répondants seraient un peu mal à l’aise ou très mal à l’aise si leur enfant fréquentait une école où un des élèves vivait avec le VIH/sida.
  • 54 % des répondants seraient un peu mal à l’aise ou très mal à l’aise si un ami proche ou un membre de leur famille fréquentait une personne qui a le VIH/sida.

De nombreuses personnes qui vivent avec le VIH/sida étaient, et sont encore, réticentes à s’adresser aux fournisseurs de services traditionnels. Il est encore nécessaire d’avoir des endroits sûrs où obtenir des services communautaires, des endroits où sa séropositivité peut être dévoilée sans crainte et où la réalité complexe d’une vie avec le VIH/sida est comprise. À cette fin, des organismes communautaires comme les AIDS Service Organizations (ASOs) ont été établis dans de nombreuses collectivités de l’Ontario pour fournir des renseignements et des services liés au VIH/sida.

La clinique HALCO

HIV & AIDS Legal Clinic Ontario (HALCO) fournit gratuitement des services juridiques aux personnes qui vivent avec le VIH/sida, en Ontario, depuis 1995.

HALCO a été créée pour instaurer un endroit rassurant. La clinique est dotée de spécialistes juridiques en mesure d’aider des clients qui vivent avec le VIH/sida. L’accès à ce genre d’endroit sûr et spécialisé continue d’être très important pour la santé physique, émotionnelle et mentale des personnes qui vivent avec le VIH/sida et, d’une façon générale, pour la réponse au VIH/sida.

Les besoins juridiques des gens qui vivent avec le VIH/sida varient d’une personne à une autre; ils peuvent relever du droit traditionnel de la pauvreté, de la protection de la vie privée, du droit des testaments et des successions, ou du droit de l’immigration. Les questions liées aux relations entre locateur et locataire et celles qui concernent l’aide sociale représentent près de 30 % des dossiers de HALCO et l’immigration, 16 %.

En raison de la stigmatisation pernicieuse et de la discrimination encore prévalente, les personnes vivant avec le VIH/sida demandent fréquemment des conseils en matière de droits de la personne et de protection de la vie privée. La clinique fournit aux clients des renseignements juridiques sur la non-divulgation du VIH/sida dans des affaires criminelles et aide les avocats privés à traiter ce genre de dossier. Les clients de HALCO ont également des problèmes relevant du droit des assurances maladie et des assurances privées, en plus d’autres besoins liés à l’emploi, à l’indemnisation d’actes criminels, à l’incarcération, aux litiges civils, à la protection des consommateurs et aux dettes.

Depuis 1995, la demande de services de HALCO ne cesse d’augmenter. La clinique fournit gratuitement des conseils juridiques et des services sommaires à quiconque vit avec le VIH/sida en Ontario. Par ailleurs, HALCO fournit des services de représentation juridique aux personnes qui remplissent les critères d’admissibilité financière ou aux personnes dont le problème juridique justifie une exception.

HALCO participe activement à des initiatives de réforme du droit, de sensibilisation du public et de développement communautaire. La clinique traite environ 4 000 questions juridiques par année et, depuis janvier 2012, elle est intervenue dans cinq dossiers devant la Cour suprême du Canada.

L’avenir

HALCO attend avec impatience le jour où ses services ne seront plus nécessaires, le jour où les personnes qui vivent avec le VIH/sida en Ontario ne se heurteront plus à de la stigmatisation et à de la discrimination, le jour où l’infection du VIH/sida est considérée comme une maladie grave au même titre qu’une autre. Jusqu’à ce jour, HALCO continuera de travailler d’arrache-pied pour garantir aux personnes qui vivent avec le VIH/sida le respect de leurs droits et libertés.

Pour des renseignements sur les activités récentes de HALCO, consultez le plus récent rapport annuel de la clinique.

Ryan Peck est le directeur général, HIV & AIDS Legal Clinic Ontario (HALCO)