La Clinique juridique communautaire de l’Université d’Ottawa, là où l’apprentissage du droit ne se limite pas à l’étude de la loi

J’ai récemment eu l’occasion de discuter avec Louise Toone, avocate salariée à la société étudiante d’aide juridique (SEAJ) bilingue d’Ottawa, à propos de l’expérience juridique pratique que ses étudiants en droit acquièrent en travaillant à la Clinique de l’université.

La SEAJ, qui compte plus de 40 étudiants en droit à temps partiel, se trouve sur le campus de l’Université d’Ottawa, tout près de la faculté de droit, dans une vieille maison pleine de charme à plusieurs étages et aux escaliers craquants. Les étudiants qui y travaillent font tous partie du cours pratique du programme de droit, lequel dure tout au long de l’année scolaire et vaut six crédits.

Selon Louise Toone, « la Clinique ouvre la porte au travail d’aide juridique et permet aux étudiants de voir ce que c’est que de travailler dans ce domaine ». Les étudiants y offrent surtout des services pour des affaires relatives au droit criminel, jonglant avec trois à quatre dossiers à la fois. Sous la supervision d’un avocat, les étudiants traitent le dossier de leurs clients du début à la fin, c’est-à-dire de l’entretien préliminaire avec leur client jusqu’à la négociation en vue d’un règlement ou le procès, en passant par l’étude du dossier de divulgation du procureur de la Couronne. Les quatre avocats à temps plein de la Clinique rencontrent régulièrement les étudiants afin de surveiller leur travail et suivre leurs progrès.

Une expérience pratique

En travaillant à la SEAJ, les étudiants acquièrent définitivement une expérience pratique. Me Toone explique que la majorité des cours du programme de droit sont théoriques et qu’en travaillant dans ce cadre clinique, les étudiants ont l’occasion de voir ce à quoi ressemble réellement l’exercice du droit. Ce cours ne comporte aucun examen, ni dissertation. Les étudiants sont plutôt évalués en fonction de la qualité des services qu’ils offrent à leurs clients.

Par conséquent, les étudiants apprennent bien plus que la simple loi. Selon Louise Toone, « nos étudiants apprennent ce que c’est que de travailler concrètement avec des clients ayant des troubles de santé mentale ou bien d’être confrontés à des barrières linguistiques ou des problèmes d’alcoolisme et de toxicomanie. Un jour, leur client peut avoir un numéro de téléphone ou une adresse et, le jour suivant, il peut être totalement inatteignable. Dans ce travail, il faut composer avec les nombreux problèmes posés par les caractéristiques des clients ».

En plus de guider et de conseiller les étudiants, le personnel de la SEAJ d’Ottawa leur transmet aussi toutes les connaissances nécessaires pour leur permettre de régler le dossier de leurs clients. Il leur enseigne, par exemple, la façon de se préparer en vue d’un entretien et d’une audience, la rédaction juridique et l’éthique.

Le cours pratique en clinique est un cours qui fonctionne extrêmement bien. Me Toone souligne que « les étudiants adorent ce cours ». Le personnel de la Clinique apprécie le fait que les étudiants ne quittent pas la Clinique aussitôt qu’ils ont passé l’étape d’apprentissage initial et qu’ils s’y sentent à l’aise. « C’est une bonne occasion pour eux de se faire une idée juste du travail juridique ».

En plus d’aider les clients, les étudiants du SEAJ d’Ottawa mènent des activités d’éducation juridique communautaire dans le cadre de leur travail. Les étudiants du cours pratique en clinique font des présentations sur différents sujets juridiques devant les organismes communautaires qui s’adressent à une clientèle semblable, notamment des groupes de personnes enseignant l’anglais comme langue seconde, des refuges pour sans-abri, le comité du sida d’Ottawa et le Bureau des services à la jeunesse d’Ottawa. En faisant plus de 100 présentations par année, les étudiants revoient constamment l’exactitude du contenu en matière juridique et adaptent leurs présentations à leurs différents auditoires.

À propos de la Société étudiante d’aide juridique d’Ottawa

La Clinique sert principalement des résidents à faible revenu d’Ottawa ainsi que des étudiants et traite environ 150 dossiers actifs en même temps. Bien que les étudiants de deuxième et troisième année de la SEAJ s’occupent essentiellement des affaires de droit criminel, il existe des postes disponibles dans les cliniques d’aide juridique dans toute la ville pour les étudiants qui désirent explorer d’autres domaines, comme le droit de la famille ou le droit des réfugiés. Grâce à ce programme conjoint, le cours pratique en clinique compte présentement dix étudiants supplémentaires exerçant dans diverses cliniques juridiques communautaires d’Ottawa.

Les étudiants ayant terminé leur première année de droit peuvent postuler pur un poste à temps plein à la Clinique au cours de l’été. Les étudiants choisis traiteront environ 15 dossiers à la fois.

Aide juridique Ontario (AJO) finance six SEAJ qui exercent leurs activités dans les différentes facultés de droit de l’Ontario. Sous la supervision de quatre avocats à temps plein, des étudiants en droit offrent bénévolement des conseils juridiques et un service de représentation dans des affaires relatives à des délits mineurs et à des litiges entre locateurs et locataires, entre autres, ainsi que des affaires portées devant les tribunaux administratifs.

Brenna Hurley

À propos de Brenna Hurley

Brenna a commencé à travailler pour Aide juridique Ontario en juillet 2012. Elle est la Coordonnatrice des relations avec les intervenants. Elle a obtenu un Baccalauréat en relations publiques de l’université Mount Saint Vincent à Halifax, en Nouvelle-Écosse. Brenna a déjà acquis plusieurs années d’expérience en relations publiques, notamment les communications internes, les médias sociaux et les relations avec les intervenants. Elle adore cuisiner et essayer de nouvelles recettes (ses amis lui servant de cobaye). Elle possède une passion pour les voyages, le ski et le café fort.