Public legal education on the small screen

Éducation juridique : tous à vos écrans!

Cet article d’Andi Argast, traduit par Sophie Raymond, a été publié…

Les Canadiens regardent beaucoup de vidéos en ligne. Selon ComScore, le Canada se situe au deuxième rang des pays étudiés en ce qui concerne le visionnement de vidéos en ligne, devancé seulement par le Royaume-Uni. En fait, les Canadiens regardent en moyenne 291 vidéos par mois. De plus, selon Statistique Canada, près de 80 pour cent des Canadiens de 18 à 64 ans regardent des vidéos sur Internet.

L’éducation — y compris l’éducation juridique pour le public — est l’un des nombreux secteurs qui profitent de la popularité croissante des vidéos en ligne. Quiconque disposant d’une connexion Internet à large bande peut avoir accès gratuitement à du matériel éducatif de haute qualité, par l’entremise de sites Web comme Coursera et Khan Academy (Salman Khan, fondateur de la Khan Academy, a d’ailleurs réalisé un vidéo très intéressant, diffusé sur le site TedTalk, sur le pouvoir de l’éducation par vidéos). Et même si les organismes d’information juridique du Canada privilégient une production à plus petite échelle, ils font, eux aussi, un excellent usage des vidéos en ligne pour la prestation de leurs services.

Deborah Doherty, directrice générale du Service public d’éducation et d’information juridiques du Nouveau-Brunswick (SPEIJ-NB), explique les raisons qui ont motivé les membres de son organisme à se servir de vidéos en ligne : « lorsque nous avons développé notre site Web sur le droit de la famille, nous avons décidé d’insérer des vidéos pour plusieurs raisons. Tout d’abord, parce que le taux d’alphabétisation est extrêmement bas au Nouveau-Brunswick et ensuite, parce que faciliter l’accès à l’information représente toujours un défi de taille chez nous, puisque le Nouveau-Brunswick est une province rurale ». Le SPEIJ-NB considère la diffusion de vidéos « comme un moyen de répondre aux besoins des individus qui sont des apprenants auditifs ou visuels soit en raison de leur faible niveau d’alphabétisation en anglais ou en français, soit parce qu’ils préfèrent tout simplement apprendre au moyen de vidéos ».

En plus de diffuser de courts vidéos axés sur le droit de la famille, le SPEIJ-NB a aussi réalisé un certain nombre de vidéos plus longs hébergés sur Vimeo qui « fournissent des renseignements aux différents segments de la population sur divers sujets juridiques [notamment] sur les jeunes ayant des démêlés avec la justice, les jeunes victimes d’actes criminels, les femmes victimes de violence et les membres du conseil d’administration d’un organisme de bienfaisance ».

Le Centre for Public Legal Education Alberta (CPLEA) est un autre organisme d’information juridique ayant réalisé des vidéos destinés à différents auditoires (leur dernier vidéo s’adresse aux enfants) et couvrant plusieurs sujets, allant de la Loi sur le système de justice pénale pour les adolescents à des conseils prodigués aux locateurs et aux locataires.

Le SPEIJ-NB et le CPLEA soulignent tous deux que les vidéos font partie d’un effort intégré d’éducation : des documents écrits et des présentations en personne jouent un rôle important dans la mise en contexte du vidéo. Selon Deborah Doherty, le SPEIJ-NB connaît bien son public cible et il travaille en collaboration avec d’autres agences et organismes dans le but de mettre en place des stratégies visant à atteindre ce public. Par exemple, les vidéos sont utilisés dans le cadre d’une série d’ateliers mensuels qui s’adressent aux parties à un litige en droit de la famille non représentées par un avocat. Ces ateliers qui sont animés bénévolement par des avocats locaux se tiennent dans plusieurs régions (souvent rurales).

De même, Marilyn Doyle, bibliotechnicienne de CPLEA (parlant au nom de l’équipe de production de vidéos du CPLEA), explique que leurs vidéos sont généralement « accompagnés de documents imprimés (ou en version PDF) » et qu’ils sont souvent insérés dans des présentations, ce qui amène des résultats positifs. « Les vidéos destinés aux locateurs ou aux locataires qui sont projetés lors de nos présentations sont toujours accueillis favorablement et parfois, certains intermédiaires nous demandent même s’ils peuvent montrer nos vidéos à leurs clients ».

La facilité avec laquelle il est possible de les diffuser en ligne à coût peu élevé est un autre avantage des vidéos en ligne. Comme le fait remarquer le CPLEA, « les vidéos en ligne peuvent être intégrés et diffusés sur les réseaux sociaux et peuvent contribuer à répandre notre message et à faire connaître davantage notre organisme et notre mission à la population ». Le CPLEA héberge ses vidéos sur YouTube, ce qui ajoute un autre niveau de connectivité puisque cette plateforme en ligne « sélectionne des vidéos similaires permettant à l’utilisateur de trouver d’autres vidéos [du CPLEA] ».

Évidemment, les vidéos en ligne ne sont pas sans inconvénient, surtout pour les Canadiens vivant dans des régions rurales. Mme Doherty déclare qu’au Nouveau-Brunswick, les connexions Wi-Fi sont limitées et que, pendant leurs présentations mensuelles sur le droit de la famille, leurs « vidéos pouvaient connaître des ratés en raison de problèmes de largeur de bande, mais que [ces problèmes] font partie des inconvénients de la vie rurale ».

Dans l’ensemble, les deux organismes d’information juridiques ont été très heureux des résultats de leur incursion dans le monde des vidéos en ligne. Le CPLEA a même récemment investi dans le logiciel de montage Final Cut Pro afin d’améliorer la qualité de ses produits finis et envisage de publier davantage de vidéos dans le futur. Et même si Deborah Doherty n’est pas en mesure de dire quand le SPEIJ-NB réalisera d’autres vidéos, puisque cet exercice peut exiger beaucoup de ressources, la réaction aux vidéos couramment offerts est très favorable.

Selon Mme Doherty, « le personnel de la Cour et les membres de la communauté juridique nous ont souvent dit qu’ils recommandaient à leurs clients de visiter le site Web du SPEIJ-NB ou celui sur le droit de la famille. Certains disent aussi qu’ils signalent d’emblée à leurs clients que ces sites renferment des vidéos, puisque les vidéos en ligne constituent la façon d’accéder directement à des renseignements sans avoir à tester sa capacité de lecture ».

Est-ce que votre organisme se sert lui aussi de vidéos en ligne à des fins d’éducation? Faites-nous part de votre expérience.

(Citations tirées d’entrevues par courriel accordées par Marilyn Doyle et l’équipe des vidéos du CPLEA et Deborah Doherty du SPEIJ-NB)

Andi Argast

À propos de Andi Argast

Rédactrice à la pige, conseillère en communications à temps partiel à AJO, étudiante de deuxième cycle à temps plein (Critical information studies). S’intéresse à l’activisme numérique et à l’informatique communautaire. Butée, mais dans le bon sens du mot.